Monde – Publié le 08 mars à 22:35 – Mis à jour le 08 mars 2018 à 22:50

Grève générale sans précédent pour les femmes en Espagne

Grève générale sans précédent pour les femmes en Espagne «
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Manifestations, grève du métro et des trains, piquets devant les grands magasins, présentatrices-vedettes absentes des médias: l'Espagne s'est mobilisée pour les droits des femmes jeudi, avec une grève générale "féministe" sans précédent dans le pays.

L'appel de syndicats et d'organisations féministes, à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, a pour but de défendre l'égalité salariale, de dénoncer le harcèlement ou la violence faite aux femmes.

La mobilisation a démarré mercredi à minuit par des concerts de casseroles dans le centre de Madrid. Jeudi soir, des manifestations massives ont parcouru la capitale espagnole ainsi que Barcelone, où quelque 200.000 personnes, selon la police, ont défilé aux cris de "vive la lutte féministe".

"Ce qui se passe aujourd'hui doit être un point de départ pour changer les choses", a dit à l'AFP Maria Angels Pina, une enseignante de 60 ans, pendant la manifestation barcelonaise.

Les deux principaux syndicats espagnols, UGT et CCOO, avaient appelé à un arrêt de travail de deux heures, observé selon leurs estimations par 5,9 millions de personnes à travers le pays. Dix autres syndicats avaient appelé à une grève toute la journée, inspirée d'un mouvement similaire en Islande en 1975.

La radio la plus écoutée par les Espagnols, la Cadena Ser, avait perdu ses voix féminines. Les stars des émissions matinales de télévision étaient aux abonnés absents. Et les femmes journalistes désertaient la rédaction du premier quotidien espagnol, El Pais.

Près de 300 trains ont été annulés et des rassemblements se sont formés dans une multitude de villes pendant l'arrêt de travail à la mi-journée.

Paula Biempica, employée de banque de 39 ans rencontrée par l'AFP à Madrid, disait faire grève pour la première fois de sa vie.

"Beaucoup d'entre nous avons renoncé à des promotions pour nous consacrer à la maison et à la famille", expliquait cette mère avec quatre enfants à charge, reprochant au monde de l'entreprise de ne toujours pas permettre de concilier maternité et travail.

"Je suis asphyxiée", affirmait Eva Ferrero, 48 ans, disant assurer un travail à temps partiel de femme de ménage payé 700 euros mensuels et passer le reste de sa journée à s'occuper de sa mère malade et de ses deux enfants.

Elle manifestait face à une grande enseigne commerciale de l'avenue Gran Via, où les grévistes appelaient exceptionnellement à ne pas consommer, afin de ne pas obliger vendeuses et caissières à travailler.

Des femmes employées à domicile, ne pouvant délaisser les personnes âgées et enfants dont elles s'occupent, avaient prévu d'accrocher symboliquement des tabliers aux balcons.

AFP