Monde – Publié le 19 mars à 16:30

Birmanie : lente reconstruction des villages rohingyas

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Dans l'ouest de la Birmanie, épicentre des violences ayant conduit à l'exode de près de 700 000 Rohingyas, la reconstruction des villages rohingyas avance très lentement malgré les promesses des autorités. A Chayn Chaung South, l'un des sites visités lors de ce rare et très encadré voyage de presse, seules quatre petites maisons de ciment étaient visibles avec des tas de briques à proximité, dans un champ boueux. "Les villages n'étaient pas organisés de façon systématique parce qu'ils ont été construits il y a des dizaines d'années, voire un siècle", justifie Myint Khaing, administrateur de Maungdaw, la grande ville de la région, chargé d'accompagner la visite du site. "Avant, il n'y avait pas d'endroit pour que les voitures puissent circuler. Avec le plan de construction du nouveau village, les voitures pourront circuler et il y aura de nombreux lacs et écoles", assure-t-il, alors qu'aucun signe de véritable activité n'est visible sur place. Il assure cependant que le village sera fini d'ici à deux mois et pourra héberger cent familles. Depuis cette zone dédiée au chantier, on peut voir les ruines de l'ancien village rohingya, incendié, comme de nombreux villages de la minorité musulmane qui depuis ont été nivelés au bulldozer. "Je ne sais pas exactement qui a incendié les maisons", a éludé le responsable, alors que l'armée birmane est accusée d'en être l'auteur par mesure de rétorsion contre des attaques fin août de rebelles rohingyas. Officiellement, la Birmanie travaille à un plan de retour de cette population musulmane. Mais l'armée et les nationalistes bouddhistes, dont certains sont accusés d'avoir participé aux exactions, ne cachent pas leur hostilité à ce retour. La plupart des Rohingyas réfugiés au Bangladesh disent ne pas avoir confiance et ne pas vouloir être hébergés dans des camps de transit, ayant peur d'y être oubliés.