Fin de vie – Publié le 27 octobre à 16:31 – Mis à jour le 27 octobre 2015 à 19:34

Jean Mercier, 87 ans, condamné à un an de prison de sursis pour avoir aidé sa femme à mourir

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Jean Mercier, 87 ans, condamné à un an de prison de sursis pour avoir aidé sa femme à mourir

​L’octogénaire Jean Mercier a été condamné, mardi, à Saint-Etienne à un an de prison avec sursis pour avoir aidé sa femme malade et dépressive à mourir en 2011. Lors de son audience, il avait déclaré ne pas avoir de regrets, tout en réclamant une loi sur la fin de vie.

Le 22 septembre, le parquet avait requis une peine minimum de trois ans de prison avec sursis à son encontre. Il était poursuivi devant le tribunal correctionnel pour non-assistance à personne en danger.

"C'est une décision aberrante", s'est exclamé son avocat Me Mickaël Boulay, juste après avoir joint au téléphone son client résidant dans l'Hérault.

Selon l'avocat, "le tribunal a créé artificiellement le délit de suicide assisté, qui n'existe pas, sous l'appellation de non-assistance à personne en danger". Il a aussitôt indiqué qu'il allait faire appel de cette condamnation.

Son épouse Josanne, 83 ans, souffrait de douleurs chroniques dues à l'arthrose depuis trois ans. Elle était également dépressive depuis 30 ans et avait fait plusieurs tentatives de suicide.

Le 10 novembre 2011, son mari avait alors accepté de l'aider à décapsuler une quantité importante de médicaments et de lui apporter un verre d'eau, pour qu'elle les avale. Il avait attendu qu'elle décède pour appeler un médecin.

"Pas de regrets"

Jean Mercier avait indiqué, le 22 septembre, qu'il n'avait "pas de regrets" et qu'il souhaitait même être condamné, tout en réclamant une loi digne de ce nom sur la fin de vie.

Je n'ai pas de regrets. Ce serait le cas si, au contraire, je ne l'avais pas fait. Ce qui m'importe, c'est que la loi change car la mort est un sujet qu'on n'ose pas aborder sereinement

Devant le tribunal, Jean Mercier ancien de l'Indochine et retraité du bâtiment, avait assumé son geste sans occulter ses doutes. Il a aussi confessé avoir connu par la suite "un apaisement incroyable".

Mais pour le procureur, Jean-Daniel Regnauld, le vieil homme aurait pu, et dû, appeler les secours dans le laps de temps entre l'absorption mortelle et le décès de son épouse.

"Il avait possibilité d'agir et il ne l'a pas fait parce qu'il avait peur de se faire réprimander si elle revenait à la vie", a dit le magistrat.

En février, le tribunal de Saint-Etienne avait rejeté une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par la défense, relative à l'assistance au suicide, qui estimait que la loi française devait intégrer les règles dégagées par la Convention européenne des droits de l'Homme, en faveur de l'émergence d'un droit au suicide assisté.

L'Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture le 6 octobre la proposition de loi PS-Les Républicains sur la fin de vie, qui instaure un droit à un endormissement jusqu'au décès pour les malades en phase terminale.

Le texte doit être de nouveau examiné au Sénat en vue d'une adoption définitive d'ici fin 2015

Rédaction web de CNews avec AFP / Crédit photo : AFP/ PHILIPPE DESMAZES