Insolite – Publié le 28 juillet à 12:00 – Mis à jour le 28 juillet 2017 à 12:01

Equateur : le tennis des géants

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La « chaza » ou « tennis des géants » est un sport de l'époque inca encore pratiqué dans certaines régions andines d'Equateur et de Colombie : un terrain de 100 m de long sur 9 m de large, une raquette de 5 kg et une balle de la taille d'un melon.

Tout est rude, tout est surdimensionné dans ce sport traditionnel, sorte de jeu de pelote qui survit dans le centre-nord de l'Equateur, et avec quelques variantes dans le sud de la Colombie sous le nom de "chaza". La raquette en bois pèse pas moins de cinq kilos. Au lieu de cordage, elle est munie de gros cônes en caoutchouc noir pour taper une pelote de la taille d'un melon et de près d'un kilo, faite aussi de caoutchouc ou de crin de cheval. Sur le court en terre, de 100 mètres de long sur neuf de large, une simple ligne tracée sur le sol avec un bâton fait office de filet. Une partie se joue à cinq contre cinq. Le comptage des points est similaire au tennis: 15, 30, 40 et jeu. Pour gagner un set, il faut trois jeux et une partie se dispute en trois sets. Ce sport, qui date de plus de cinq siècles, remonte aux populations indiennes qui vivaient dans la région de l'actuelle frontière entre l'Equateur et la Colombie. Les pelotes étaient alors faites de fibre d'agave ou de peaux de bêtes, et les raquettes étaient en fait des outils agricoles recouverts de cuir de mouton. Au cours des siècles, le jeu a évolué jusqu'à sa forme actuelle en incluant, sous l'influence coloniale, des règles inspirées d'autres sports comme la pelote basque qui se joue contre un mur, ou la pelote valencienne qui se joue sur un court de grandes dimensions. L'Equateur compte à peine 2.000 joueurs, sur 16,5 millions d'habitants, âgés de 30 à 60 ans, les plus jeunes préférant le foot ou le basket. Autrefois la Fédération équatorienne de pelote nationale, qui rassemble toutes les variantes de la pelote, organisait des tournois nationaux et internationaux avec des équipes de Colombie. Mais ils sont de plus en plus rares. Enrique Bustos, président de la fédération de 2006 à 2010, déplore le manque de soutien des pouvoirs publics qui reconnaissent le "tennis des géants" comme un sport "autochtone, traditionnel et ancestral", mais qui dans la réalité le traitent comme une activité récréative. "Nous jouons parce que cela nous plait et afin que ça ne se perde pas", a souligné ce professeur d'éducation physique à la retraite.

Article rédigé par la rédaction web CNews