France Leaks – Publié le 24 juin à 00:32 – Mis à jour le 24 juin 2015 à 10:40

Des écoutes "inacceptables" et des "pseudo-révélations" pour la classe politique

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Des écoutes "inacceptables" et des "pseudo-révélations" pour la classe politique

La classe politique française ne manque pas de réagir aux révélations de Wikileaks. Le Conseil de Défense réuni à Élysée dénonce des "faits inacceptables".

Mediapart a révélé mardi soir que trois présidents français (François Hollande, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac) avaient été sous écoute des services secrets américains entre 2006 et 2012.

Pour la Présidence de la République, les faits sont "inacceptables". Le Conseil de Défense, qui s'est réuni ce mercredi matin à la demande de François Hollande, a livré un communiqué de presse :

Ils'agit de faits inacceptables qui ont déjà donné lieu à des mises à des mises au point entre les Etats-Unis et la France, notamment fin 2013 au moment des premières révélation et lors de la visite d'Etat du Président de la République en février 2014. [...] La France, qui a encore renforcé son dispositif de contrôle et de protection, ne tolèrera aucun agissement mettant en cause sa sécurité et la protection de ses intérêts

Alain Juppé a jugé cette réaction insuffisante :

L'entourage de François Hollande a par ailleurs déclaré à Mediapart que la note de la NSA obtenue par WikiLeaks, au sujet d'une conversation tenue en mai 2012 entre le président et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault, est "tout à fait crédible".

"Extrêmement grave"

Les proches de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy ont aussi réagi aux révélations, en parlant de "méthodes inacceptables en règle générale et plus particulièrement entre alliés".

Du côté du gouvernement, le secrétaire d'Etat aux Sports Thierry Braillard était le seul à s'être exprimé mardi soir. Sur notre antenne, il a déclaré : "si l'information est vérifiée, c'est une chose extrêmement grave."

Invité de la matinale de Bruce Toussaint ce mercredi, le porte-parole du gouvernement Stéphane le Foll s'est quant à lui dit moins surpris par "l'ampleur" que par le fait qu'elles concernent des présidents. "C'est inacceptable entre alliés", a-t-il lancé, assurant que ces écoutes ne sont "ni intelligibles, ni compréhensibles".

L'invité de Bruce Toussaint du 24/06/2015 -

Dès la publication des révélations, la classe politique française a réagi de plusieurs manières.

Une "affaire très sérieuse" qui "choque"

Un scandale qui risque d'avoir des conséquences diplomatiques : c'est l'avis des députés socialistes Yann Galut (Cher) et Mathieu Hanotin (Seine-Saint-Denis) qui ont été parmi les premiers à réagir sur Twitter.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin annonce que la commission des Affaires étrangères du Sénat se penchera sur ces révélations ce mercredi. Pour lui, " l'affaire semble très sérieuse, il nous faut la vérité".

Une fausse surprise

Pour d'autres au contraire, comme le député LR de l'Yonne Guillaume Larrivé, l'eurodéputé LR Arnaud Danjean, ou le député socialiste Jean-Jacques Urvoas (Finistère), les informations de WikiLeaks ne sont guère étonnantes.

L'ambassadeur de France aux Etats-Unis a lui-même relativisé la porté des informations apportées par WikiLeaks :

Le traité TAFTA attaqué

La révélation de la mise sur écoute des trois présidents français a également été l'occasion pour plusieurs élus de réitérer leur opposition au Traité de libre-échange transatlantique (TAFTA). C'est le cas de Marion Maréchal-Le Pen, députée Front national du Vaucluse, mais aussi de l'eurodéputée EELV Karima Delli ou encore du député socialiste Arnaud Leroy (Français de l'Etranger).

D'autres évoquent la loi sur le renseignement

Hasard du calendrier, c'est également ce mercredi que doit être voté le projet de loi sur le renseignement à l'Assemblée nationale. Cela n'a pas échappé au sénateur UDI Yves Pozzo di Borgo et au député communiste Sansu Nicolas.

Article rédigé par la rédaction web de CNews