France – Publié le 12 avril à 21:46 – Mis à jour le 12 avril 2018 à 21:48

Après la mort d'un pilote grec, Grèce et Turquie veulent mieux dialoguer

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Après la mort d'un pilote grec, Grèce et Turquie veulent mieux dialoguer

La Grèce et la Turquie se sont engagées ce jeudi dans la soirée à "renforcer leur dialogue" après la mort d'un pilote grec dont l'avion s'est écrasé. Il rentrait d'une mission d'interception de chasseurs turcs.

L'armée grecque a annoncé la mort du pilote Georgios Baltadoros. A 34 ans, il s'est crashé en mer Égée à bord de son Mirage 2000-5. Il rentrait d'une "mission opérationnelle" qui consistait à intercepter des chasseurs turcs ayant pu entrer dans l'espace aérien grec.

Les services d'Alexis Tsipras ont indiqué dans un communiqué que celui-ci avait reçu quelques heures plus tard un appel de son homologue turc Binali Yildirim, lui faisant part des condoléances du président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Les deux Premiers ministres sont tombés d'accord pour maintenir ouverts les canaux de communication dans la période prochaine, et renforcer le dialogue entre les deux pays", selon le communiqué.

Les forces armées grecques observeront un deuil de trois jours après ce décès.

Le pilote, père de deux enfants, aurait pu s'évanouir aux commandes de son appareil. "La mission était terminée et l'appareil était sur le chemin du retour", a indiqué une source à l'état-major. L'agence d'Etat turque Anadolu a souligné qu'il n'y avait pas d'avion turc dans la zone du crash.

Un contexte gréco-turc très tendu

Le rythme de ces patrouilles s'est intensifié ces derniers mois, la Grèce accusant son allié au sein de l'Otan de multiplier les violations de son espace aérien et maritime en mer Égée.

Le dernier incident en date dans cette zone remonte à la nuit de lundi à mardi, quand des soldats grecs ont effectué des tirs pour éloigner un hélicoptère turc qui survolait lumières éteintes l'îlot de Ro, à la frontière entre les deux pays en mer Égée.

Le climat s'est tendu entre les deux pays après le refus par la justice grecque d'extrader huit militaires turcs ayant fui en Grèce, après le coup d'État manqué en juillet 2016. Athènes vient aussi de hausser le ton contre le maintien en détention en Turquie, depuis un mois, de deux soldats grecs entrés en territoire turc, par erreur selon la Grèce, lors d'une patrouille frontalière.

Dans ce contexte, Athènes et Nicosie avaient obtenu de leurs partenaires européens qu'ils condamnent, lors du dernier sommet de l'UE fin mars, "les actions illégales" de la Turquie en mer Égée et en Méditerranée orientale.

La Grèce et la Turquie se disputent également la souveraineté de l'îlot d'Imia (Kardak en turc) dans le sud-est de la mer Égée depuis des années.

Cet accès de tension avait débouché sur l'engagement d'un processus de normalisation des relations bilatérales, dont Athènes affirme vouloir la poursuite malgré les accrocs récents. 

Article rédigé par la rédaction web CNews